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ZDNet France
Il y a 5 jours

Les raisons pour lesquelles l'IA fait exploser les fraudes par manipulation en entreprise

Les raisons pour lesquelles l'IA fait exploser les fraudes par manipulation en entreprise
Avec l'essor de l'IA générative, les cybercriminels délaissent le piratage classique pour manipuler vos équipes avec un réalisme glaçant. Le rapport annuel de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement fait le point.
Les raisons pour lesquelles l'IA fait exploser les fraudes par manipulation en entreprise Avec l'essor de l'IA générative, les cybercriminels délaissent le piratage classique pour manipuler vos équipes avec un réalisme glaçant. Le rapport annuel de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement fait le point. A mesure que la sécurité des moyens de paiement traditionnels devient de plus en plus efficace, les cybercriminels réorientent leurs attaques vers le facteur humain. Boostée par l'intelligence artificielle générative, la fraude par manipulation frappe de plein fouet le monde des affaires. Face à ce risque, l'Europe déploie une panoplie réglementaire sans précédent, de DORA à l'AI Act. Les chiffres du dernier rapport annuel de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), publié en septembre 2026, révèlent une mutation profonde de la menace. Si les protocoles d'authentification forte ont permis de faire chuter le taux de fraude sur les cartes bancaires à son plus bas niveau historique, le préjudice atteint tout de même l'an passé 1,241 milliard d'euros (+3,8 %). La raison ? Un report massif des attaques par ingénieries sociales vers la manipulation des utilisateurs. La fraude par manipulation, qui regroupe le faux conseiller bancaire, les faux ordres de virement et la substitution d'IBAN, connaît en effet une accélération fulgurante. Elle grimpe à 516 millions d'euros en 2025 (contre 384 M€ en 2024, soit une hausse de 34 % en un an). Elle représente désormais 41,6 % du montant total de la fraude, contre 32,1 % en 2024 et 21,6 % en 2021. En quatre ans, sa part dans le préjudice global a donc tout simplement doublé. Ce basculement s'explique par l'essor de l'intelligence artificielle générative, qui offre aux escrocs des capacités de persuasion inédites. Lors d'un discours devant l'Association des avocats en droit boursier, Denis Beau, Premier sous-gouverneur de la Banque de France et Président désigné de l'ACPR, a tiré la sonnette d'alarme : « L’IA renforce les capacités offensives des attaquants. Les systèmes les plus avancés peuvent déjà identifier des vulnérabilités dans le code informatique, faciliter la conception de logiciels malveillants et industrialiser les techniques d’ingénierie sociale. » Denis Beau souligne par ailleurs que les systèmes d'IA adoptés par les organisations financières et les entreprises deviennent eux-mêmes des cibles « intermédiaires » qui, en se connectant aux outils critiques, ouvrent l'accès à des ressources sensibles. Pour illustrer la puissance offensive de l'IA, il a évoqué un incident survenu à l'été 2026 sur la plateforme Hugging Face, où près de 700 agents intelligents d'OpenAI ont réussi à se coordonner pour mener une attaque de bout en bout. Entreprises sous pression : la facture salée des Faux Ordres de Virement (FOVI) Pour les entreprises, la concrétisation la plus redoutable de cette ingénierie sociale dopée à l'IA réside dans les Faux Ordres de Virement (FOVI). D'après les indicateurs de la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ), 640 affaires majeures de FOVI visant des personnes morales ont été enregistrées en 2025, pour un préjudice cumulé de 43 millions d'euros (contre 36 M€ en 2024, soit une hausse de 19 % des pertes). Deux modes opératoires dominent ce paysage criminel : La fraude aux coordonnées bancaires (changement de RIB) : le pirate usurpe l'identité d'un fournisseur légitime pour transmettre un nouvel IBAN et intercepter le règlement de factures. La fraude au président : l'escroc se fait passer pour un dirigeant ou un conseil juridique pour exiger d'un collaborateur un virement urgent et confidentiel vers un compte rebond. Et bien sûr, l'IA générative bouleverse la portée de ces attaques. L'apparition de courriels sans fautes de syntaxe, l'usurpation vocale (deepfake audio) lors d'appels téléphoniques ou le clonage vidéo du visage de dirigeants permettent aux fraudeurs de déjouer les vérifications usuelles des services comptables et financiers. Et paradoxalement, les canaux télématiques automatisés (envoi de fichiers de virement par lots), historiquement utilisés par les grandes entreprises, affichent une sécurité quasi absolue avec un taux de fraude négligeable de 0,0002 %. C'est donc via les portails de banque en ligne que le risque explose : les fraudes y atteignent 376 millions d'euros (+54 % sur un an). La fraude au virement s'impose donc désormais comme la première source de pertes en valeur (39 % du total). La riposte européenne : entre DORA, AI Act et partages de données Face à l'industrialisation des cyberattaques, l'Union européenne et les autorités françaises tentent de déployer un bouclier réglementaire et technique articulé autour de plusieurs axes majeurs : Le règlement DORA (Digital Operational Resilience Act) Il impose aux acteurs financiers et à leurs prestataires technologiques des obligations de gestion des risques informatiques, de tests de pénétration et de résilience. Ce texte encadre les usages de l'IA selon une approche par les risques. Dans le secteur financier, la tarification d'assurance et l'octroi de crédit sont classés « à haut risque », imposant une gouvernance renforcée, la transparence algorithmique et une surveillance par l'ACPR dès décembre 2027. Le règlement fixe aussi des exigences de cybersécurité pour les modèles d'IA à usage général. La vérification du bénéficiaire et le fichier FNC-RF Rendu obligatoire au niveau européen depuis octobre 2025, le service de vérification de la concordance IBAN/Nom permet de stopper les faux changements de RIB. En parallèle, la Banque de France a lancé en mai 2026 le Fichier National des Comptes Signalés pour risque de fraude (FNC-RF), permettant aux banques de partager en temps réel les identifiants de comptes suspects. Et cet outil a été récemment ouvert aux sociétés de financement et administrations. La régulation des télécoms et des Big Tech Pour contrecarrer le spoofing (usurpation de numéro de téléphone) et le phishing, la France déploie le Mécanisme d'Authentification des Numéros (MAN) et teste le dispositif Do Not Originate (DNO) pour couper les appels frauduleux en amont. L'OSMP a également scellé des partenariats avec Google, Meta et TikTok (via des programmes comme FIRE ou Global Signal Exchange). Conclusion : la gouvernance cyber au cœur de la continuité d'activité La lutte contre la fraude par manipulation ne relève plus seulement de la DSI ou de la sécurité informatique, mais d'une responsabilité managériale globale. Comme le résume Denis Beau : « Les bénéfices que nous tirerons de cette révolution technologique dépendront de notre capacité collective à en comprendre les effets, à en anticiper les conséquences et à en encadrer les usages. » Pour prémunir leurs organisations, les entreprises doivent associer la ségrégation des tâches d'exécution et de validation des paiements, la sensibilisation des collaborateurs aux deepfakes, et l'adoption systématique du contre-appel sur les numéros vérifiés lors de toute modification de coordonnées bancaires. Gouvernance et éthique : pourquoi Capgemini cède une de ses filiales américaines Galaxy Book6 Series : 10 raisons de choisir la performance Le guide de la migration écoresponsable vers Windows 11 IA locale : la nouvelle ère de l’Intelligence artificielle ? Gouvernance et éthique : pourquoi Capgemini cède une de ses filiales américaines Face à l'impossibilité de contrôler des contrats fédéraux américains sensibles et à la gronde de ses collaborateurs, Capgemini cède sa filiale Government Solutions. Les violations de données personnelles, nouvel axe d’effort du « Cybermois » de l’année 2026 Selon un sondage du groupement d’intérêt public, près de 45% des français ont été informé d’une fuite de leurs données personnelles en 2026. Une étude révèle que votre ami qui n’a « rien à cacher » est le plus susceptible de vous espionner Une nouvelle étude explore les tendances comportementales qui se cachent derrière cette expression « rien à cacher ». À découvrir également : 6 façons d’améliorer la confidentialité de votre téléphone. Microsoft dévoile un projet de code de conduite pour ses futures IA Microsoft a publié un projet de code de conduite destiné à encadrer le comportement de ses futurs modèles d’IA. Baptisé « Humanist AI », il interdit notamment toute assistance à des cyberattaques ou tout comportement visant à échapper au contrôle humain. Comment se débarrasser d'un phishing et sécuriser ses comptes Mail, SMS ou faux site imitant PayPal, Amazon ou votre banque : voici comment reconnaître un phishing, le signaler et sécuriser vos comptes. Antivirus Windows : Defender suffit-il pour protéger son ordinateur ? Windows intègre Microsoft Defender par défaut. Suffit-il face aux virus, au phishing et aux ransomwares, ou faut-il un antivirus tiers ? VPN avec IP dédiée : à quoi ça sert et pour qui est-ce utile ? La plupart des abonnés à un service VPN partagent sans le savoir la même adresse IP avec des dizaines, voire des centaines d'autres utilisateurs connectés au même serveur VPN. C'est le fonctionnement standard d'une IP partagée, et il convient parfaitement à la navigation quotidienne sur les sites internet. Mais dans certaines situations concrètes, accéder aux services bancaires en ligne, éviter les CAPTCHA répétitifs ou se connecter à un réseau professionnel à distance depuis une connexion VPN, cette IP partagée entre utilisateurs devient un problème. C'est là qu'une IP dédiée statique change tout. NordVPN, CyberGhost et ExpressVPN proposent chacun cette option, avec des approches différentes sur les pays disponibles et les niveaux de sécurité. Antivirus pour tablette Android : est-ce vraiment nécessaire ? Les tablettes Android sont bien protégées, mais aucun appareil mobile n’est totalement à l’abri. Un bon antivirus reste l’un des meilleurs moyens d’éviter les infections. 45 % des professionnels utilisent des outils d’IA « parallèles » : voici comment gérer les risques du Shadow AI L’utilisation d’outils d’IA non autorisés est en hausse. Voici pourquoi cela présente des risques et comment vous et votre entreprise pouvez maîtriser cette situation. Comment négocier plus efficacement vos contrats SaaS, selon 5 dirigeants d'entreprise Cinq dirigeants de start-ups partagent leurs conseils d'initiés sur la négociation des contrats SaaS. PAR RITOBAN MUKHERJEE | 09 SEPTEMBRE 2026 IA pratique : cinq manières d’utiliser ChatGPT Work dans votre business pour vous faire gagner du temps et faire des économies Qu'il s'agisse de parcourir vos e-mails Gmail ou de repérer des conditions de prêt peu avantageuses, cet nouvel outil professionnel d’OpenAI peut devenir un assistant pratique dans la gestion de votre petite entreprise. Claude Code vs Codex : pourquoi j'utilise les deux et comment choisir l'un ou l'autre (si vous y êtes obligé) Les deux sont incroyablement performants, mais les options d'abonnement, les environnements de développement et les avantages cachés de chaque écosystème pourraient faire en sorte que l'un d'entre eux vous convienne mieux personnellement.
Publié le 15 septembre 2026
Source originale : ZDNet France