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ZDNet France
Il y a 1 jour

Risque de dispersion et de décrochage pour l'IA dans la Culture

Risque de dispersion et de décrochage pour l'IA dans la Culture
Oui, le ministère de la Culture a engagé une "dynamique réelle d'acculturation et d'expérimentation" sur l'IA, observe la Cour des comptes. Cependant, les écarts se creusent en interne et les initiatives restent dépendantes des financements ponctuels.
Risque de dispersion et de décrochage pour l’IA dans la Culture Oui, le ministère de la Culture a engagé une “dynamique réelle d’acculturation et d’expérimentation” sur l’IA, observe la Cour des comptes. Cependant, les écarts se creusent en interne et les initiatives restent dépendantes des financements ponctuels. La Cour des comptes poursuit son examen des politiques publiques en matière d’IA. Pour rappel, elle s’est déjà penchée sur la politique IA de l’Etat, sur celle de Bercy et de France Travail. A présent, c’est au tour du ministère de la Culture. Comme d’autres ministères, ce dernier avait formalisé en juillet 2025 "sa stratégie d’action". Pour quels résultats à ce stade ? Beaucoup reste à faire et à corriger, suggère dès son préambule l’audit flash de la Cour des comptes. Certes, "une dynamique réelle d’acculturation et d’expérimentation" a été amorcée. Toutefois, des écueils accompagnent ce mouvement initial. Les principaux ? Des "écarts de maturité entre opérateurs, l’insuffisante mutualisation des outils et la dépendance à des financements ponctuels." Or, ces travers "font peser un risque de dispersion des moyens et de décrochage des structures les moins dotées", préviennent les auditeurs publics. Et ce risque résulte sans doute de la stratégie ministérielle elle-même. La Culture a identifié à l'origine 62 actions réparties en cinq axes. Problème, constate la Cour, ce recensement relève d’abord de la cartographie et non d’une "feuille de route stratégique pleinement opérationnelle." En clair, elle ne décide rien. Selon le rapport, le recensement initial "ne fixe ni priorités clairement hiérarchisées, ni calendrier de mise en œuvre, ni moyens budgétaires identifiés." Autre problème récurrent des projets numériques de l’Etat, les responsabilités de pilotage sont négligées. Dans un vocabulaire plus technocratique, elles demeurent "peu explicites", comme les qualifie la Cour des comptes. Or, sans pilotage ni orientation, il apparaît complexe de faire aboutir des initiatives au sein d’opérateurs à la maturité "contrastée." Certains établissements, à l’image de la Bibliothèque nationale de France ou de l’Institut national de l’audiovisuel, ont pour eux des stratégies structurées, des moyens identifiés et des usages déployés à grande échelle. Dans l’audiovisuel public aussi, l’IA "constitue déjà un levier d’industrialisation des traitements de données et de valorisation des contenus." Mais tous les acteurs culturels n’affichent pas une maturité équivalente. En conséquence, ils se maintiennent "dans une phase exploratoire, faute de moyens humains, techniques ou budgétaires suffisants." La faute notamment à des défauts en matière de gouvernance des données et de SI à l’état de l’art. "Cette hétérogénéité fait peser un risque de décrochage entre les opérateurs les mieux dotés et les structures plus fragiles", met en garde la Cour des comptes. Et ce n’est pas le seul errement de la stratégie IA du ministère. L’audit épingle également "une mutualisation balbutiante, des outils de financement fragmentaires et à évaluer." Des ambitions mais non financées par des moyens stables produisent rarement des résultats tangibles. "Les financements publics restent dispersés et principalement ponctuels", juge le rapport. L’appel à projets « Transition numérique de la culture et appropriation de l’IA » doit en principe fournir des moyens financiers. Il constitue même "le principal instrument financier d’ampleur." Cependant, "le montant qui lui est spécifiquement alloué n’est pas public". En outre, "les premières vagues de projets n’ont pas encore fait l’objet d’une évaluation de leurs effets." 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Publié le 16 octobre 2026
Source originale : ZDNet France