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Les Etats-Unis commencent à compter les pertes d'emploi liées par l'IA Etats par Etats

Mieux, le tableau de bord « Wage Loss Dashboard » du CAIS quantifie en dollars les suppressions d'emplois liées à l'intelligence artificielle.
Les Etats-Unis commencent à compter les pertes d'emploi liées par l'IA Etats par Etats
Mieux, le tableau de bord « Wage Loss Dashboard » du CAIS quantifie en dollars les suppressions d'emplois liées à l'intelligence artificielle.
Les points clés à retenir sur les pertes d'emploi liées à l'IA aux Etats-Unis
Les suppressions d’emplois liées à l’IA ont un impact sur l’économie des Etats-Unis.
L’outil de suivi du CAIS chiffre ces pertes en dollars.
Comprendre comment l’IA va transformer en profondeur l’économie relève encore de la conjecture.
Les craintes concernant l’impact de l’IA sur l’économie et l’emploi se généralisent après plusieurs années de licenciements réguliers au sein de grandes entreprises. Une grande partie de ces craintes peut être attribuée aux acteurs de l'IA et à leurs PDG qui cherchent à se mettre en avant. Mais certaines suppressions d’emplois ont été explicitement liées à l’accélération du déploiement de l’IA en entreprise.
Et le Center for AI Safety (CAIS) gère désormais un outil de suivi qui évalue l’impact de ces changements sur les revenus des ménages.
Le tableau de bord des pertes salariales comprend une carte indiquant les lieux où des licenciements ont eu lieu depuis janvier 2026 (elle vient d’être mise à jour ce mois-ci pour inclure les données de septembre) ainsi qu’un menu déroulant permettant d’afficher les données pour l’ensemble du pays ou pour un État en particulier.
117 000 suppressions d’emplois attribuées à l’IA
À ce jour, le tableau de bord recense un peu plus de 117 000 suppressions d’emplois attribuées à l’IA cette année, soit 8,5 milliards de dollars de pertes salariales annuelles estimées pour les ménages.
Le tableau de bord des pertes salariales multiplie le nombre de suppressions d’emplois attribuées à l’IA par le salaire annuel moyen afin d’estimer la perte salariale annuelle. Selon le tableau de bord, ces estimations salariales « commencent à montrer ce que ces suppressions peuvent signifier pour les ménages et les économies locales ».
Le tableau de bord affiche également la perte salariale moyenne estimée par personne sur la base de ces données de licenciements, présentée par rapport à des dépenses quotidiennes, comme un plein d’essence. Pour l’ensemble des Etats-Unis, elle s’élève à 25 dollars par personne et par an. Ce n’est pas énorme, certes. Mais les chiffres varient d’un État à l’autre. En Californie, par exemple, elle atteint 56 dollars. Cela s’explique par une concentration bien plus élevée de suppressions d’emplois (un peu plus de 27 000 licenciements attribués à l’IA). L’Alaska, en revanche, ne recense que 138 pertes d’emploi (14 dollars par personne).
25 dollars de perte par ménage en moyenne
Il ne s’agit toutefois pas des chiffres exacts des personnes licenciées en raison de l’IA en Californie et en Alaska cette année.
Comme l’explique le CAIS : « Le tableau de bord estime les suppressions d’emplois attribuées à l’IA pour chaque État, les convertit en perte salariale annuelle estimée, puis divise ce chiffre par la population de l’État pour estimer la perte moyenne par personne. Les estimations par État ne correspondent pas à des licenciements liés à l’IA effectivement observés. Nous appliquons la part nationale mensuelle des suppressions d’emplois attribuées à l’IA aux suppressions d’emplois annoncées par cet État. »
Mais revenons à ces 25 dollars. En tant qu’indicateur de l’impact sur l’ensemble de la population d’un État donné — et pas seulement sur les personnes directement licenciées —, c’est un point de vue intéressant. À grande échelle, l’idée que chacun soit appauvri de 25 dollars en raison de ces tendances encore en cours de développement permet de mettre en perspective l’effet massif de l’IA sur les ménages.
Des licenciements en augmentation d'une année sur l'autre
Le tableau de bord s’appuie sur plusieurs sources de données :
Les rapports mensuels de Challenger, Gray et Christmas, qui compile les annonces de licenciements à travers les États-Unis par État ainsi que les suppressions d’emplois au niveau national attribuées à l’IA
Les données du Bureau of Labor Statistics sur le salaire moyen annuel de chaque État.
Le CAIS s’appuie également sur les estimations démographiques du Bureau du recensement des États-Unis.
En 2025, les rapports de Challenger, Gray et Christmas ont recensé plus de 54 000 suppressions d’emplois que les entreprises ont publiquement attribuées à l’IA. Cela représente un licenciement sur vingt par rapport à l’année dernière. Mais le simple suivi des pertes d’emploi constitue un indicateur plus abstrait que ce que ces licenciements représentent en termes financiers pour les personnes qui en font l’expérience.
L’impact des licenciements se répercute en cascade sur les supermarchés, les petites entreprises, les loyers et d’autres dépenses
« Les pertes d’emploi liées à l’IA ont fait l’objet d’une couverture médiatique importante, mais il peut être difficile de quantifier l’impact de ces suppressions d’emplois sur les finances d’un citoyen lambda », a écrit le CAIS à propos du projet. «Ce tableau de bord vise à mettre en lumière les coûts financiers de l’IA pour les familles et les communautés américaines. »
Comme le souligne le CAIS, l’impact des licenciements se répercute en cascade sur les supermarchés, les petites entreprises, les loyers et d’autres dépenses.
« Le licenciement d’une personne signifie une baisse des revenus pour toutes les entreprises qu’elle soutient. Multipliez cet effet par des milliers de travailleurs dans de nombreux secteurs, et vous commencez à percevoir le véritable poids économique des suppressions d’emplois dues à l’IA », ont écrit les chercheurs à l’origine du projet. « De plus, les suppressions d’emplois attribuées à l’IA ne sont pas réparties de manière uniforme. Les États dotés d’importants secteurs technologiques et médiatiques subissent un impact plus important. »
Ce tableau de bord n’inclut pas « les emplois créés par l’IA, les gains de productivité, les réembauches ou les retombées économiques secondaires »
Quelques bémols : le CAIS a précisé que ce tableau de bord n’inclut pas « les emplois créés par l’IA, les gains de productivité, les réembauches ou les retombées économiques secondaires ». Cela s’explique en partie par le fait que les experts ne s’accordent pas sur la question de savoir si, et dans quelle mesure, l’IA stimulera l’économie ou compensera les suppressions d’emplois.
Les licenciements attribués à l’IA sont eux-mêmes flous : les données présentées ici correspondent aux suppressions d’emplois que les entreprises elles-mêmes ont déclarées comme liées à l’IA. En l’absence d’une définition unique de ce que cela signifie ou d’une transparence totale de la part des entreprises, il n’est pas toujours possible de prouver à 100 % qu’un licenciement était la conséquence directe d’une obsolescence ou d’un remplacement induit par l’IA.
« Nous n’exigeons pas qu’un dirigeant déclare : “Nous avons remplacé une équipe par l’IA.” Il s’agit là d’une norme modérée, délibérément choisie : elle permet de saisir la tendance générale des réductions d’effectifs justifiées par l’IA tout en excluant les suppressions d’emplois clairement sans rapport avec celle-ci », a écrit l’Alliance for Secure AI à propos de sa méthodologie.
« Notre objectif est de rendre visibles les coûts de cette adoption »
D’autres outils de suivi, comme Jobloss.ai, géré par l’Alliance for Secure AI, répertorient également les données sur les pertes d’emploi par entreprise, par date et en fonction du degré d’explicitation avec lequel les entreprises ont mentionné l’IA dans le cadre de ces licenciements. Compte tenu du caractère parfois diffus de ces données, Jobloss.ai ne recense que les licenciements répondant à certains critères : au moins 100 emplois supprimés d’un seul coup, accompagnés d’une mention de l’IA (ou de termes équivalents, tels que « automatisation » et « productivité »).
Ce tableau de bord vise à rendre les données dont nous disposons plus accessibles. Et non à pointer du doigt un secteur ou une entreprise en particulier pour ses choix en matière d’adoption de l’IA.
« L’IA est une technologie adoptée par les entreprises pour de nombreuses raisons », a écrit le CAIS. « Notre objectif est de rendre visibles les coûts de cette adoption, afin que les travailleurs, les communautés et les décideurs politiques puissent réagir en s’appuyant sur des informations concrètes plutôt que sur des suppositions. »
Le tableau de bord sur les pertes salariales comprend également une section consacrée à l’efficacité avec laquelle l’IA accomplit des tâches de freelance à distance. À partir des données de l’indice de référence Remote Labor Index (RLI), co-développé par le CAIS, qui évalue les agents d'IA sur des tâches de freelance réelles telles que le développement web et la production vidéo, le CAIS montre à quelle vitesse ces agents évoluent.
« Lors du lancement du RLI, le meilleur agent IA ne réalisait que 2,5 % des projets avec une qualité professionnelle. Huit mois plus tard, ce chiffre est passé à 15,8 % », ont écrit les chercheurs. À l’heure actuelle, l’IA peut automatiser entièrement près de 16 % des tâches à distance, un pourcentage qui double tous les 3,7 mois. Claude Fable 5 arrive en tête, suivi du GPT-5.5 d’OpenAI.
Mais cela ne signifie pas pour autant que l’IA ravit ces projets aux freelances. Le RLI mesure ce dont les modèles d’IA sont capables, et non ce qu’ils prennent actuellement en charge. Cela dit, le CAIS reste alarmé par ce qu’il considère comme une tendance : la convergence entre les suppressions d’emplois attribuées à l’IA et des agents de plus en plus performants.
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Publié le 16 octobre 2026
Source originale : ZDNet France
