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Il y a 6 jours
Bruno Buffenoir, KIPMI Digital Trust Continuity : Le « wallet augmenté » : le futur du KYC

Alors que l'AMLR va généraliser les obligations de KYC dès l'été 2027, la seule arrivée du portefeuille européen d'identité numérique ne suffira pas à simplifier des parcours encore largement déclaratifs. C'est la thèse que défend Bruno Buffenoir, Directeur Général de KIPMI Digital Trust Continuity, en plaidant pour un « wallet augmenté » hybride.
Bruno Buffenoir, KIPMI Digital Trust Continuity : Le « wallet augmenté » : le futur du KYC
Alors que l’AMLR va généraliser les obligations de KYC dès l’été 2027, la seule arrivée du portefeuille européen d’identité numérique ne suffira pas à simplifier des parcours encore largement déclaratifs. C’est la thèse que défend Bruno Buffenoir, Directeur Général de KIPMI Digital Trust Continuity, en plaidant pour un « wallet augmenté » hybride.
PAR BRUNO BUFFENOIR, DIRECTEUR GÉNÉRAL KIPMI DIGITAL TRUST CONTINUITY
© Bruno Buffenoir/KIPMI Digital Trust Continuity
Depuis plus de trente ans, le KYC (Know Your Customer) s'est progressivement imposé comme une obligation incontournable pour les établissements financiers. Introduit dès 1991 dans le cadre de la lutte contre le blanchiment, il est devenu au fil des évolutions réglementaires un processus toujours plus lourd, à la fois pour les entreprises et pour les utilisateurs.
Les contrôles doivent être réalisés régulièrement, avec des exigences croissantes d'homogénéisation sous peine de sanctions importantes. Dans les faits, les parcours utilisateurs restent encore largement déclaratifs : les clients doivent fournir de multiples justificatifs et les banques supportent ensuite la charge de vérifier l'authenticité et la validité de ces documents, avec des coûts opérationnels considérables.
Une pression réglementaire et technologique qui s'intensifie
Cette pression va encore s'intensifier avec l'arrivée de la nouvelle réglementation européenne de lutte contre le blanchiment (AMLR), qui généralisera davantage les obligations de KYC à partir de l'été 2027. Autrement dit, ce qui est déjà perçu comme une contrainte lourde deviendra demain, systématique dans la majorité des parcours numériques.
Parallèlement, l'arrivée de l'intelligence artificielle redéfinit les règles du jeu : si elle laisse entrevoir une automatisation enfin simplifiée des contrôles KYC, elle représente aussi une menace inédite en facilitant la falsification industrielle et très réaliste de documents en tous genres (deepfakes, faux justificatifs).
Le EUDI Wallet, une avancée majeure mais pas suffisante seule
C'est dans ce contexte qu'arrive le portefeuille européen d'identité numérique issu d'eIDAS 2. Le EUDI Wallet, dont le déploiement est prévu fin 2026, permettra aux citoyens de centraliser dans un environnement sécurisé leurs données d'identité et des attestations vérifiables qu'ils pourront consentir à partager de manière simple et sécurisée, avec des tiers de confiance. Cette évolution représente une avancée majeure pour fluidifier les parcours, réduire la collecte récurrente de justificatifs papiers et diminuer les risques de fraude.
Mais le Wallet européen, à lui seul, ne suffira pas à court terme : un monde composé à 100 % d'attestations n'est pas pour demain. Et actuellement, dans le cadre d'un processus KYC, l'expérience utilisateur est souvent morcelée : certaines informations ne peuvent encore être fournies sous forme d'attestations et certaines situations complexes ne pourront jamais exister sous forme d'attestations certifiées et standardisées.
Le wallet augmenté, une réponse hybride au parcours client
Le futur du KYC passera donc par une solution de « wallet augmenté » capable de supporter l'intégralité du parcours client en supportant une hybridation des données : données papiers (telle que l'adresse...), données déclaratives et les attestations vérifiables, le tout dans un environnement sécurisé. Le wallet, ainsi « augmenté », simplifiera les échanges de données entre utilisateurs et les tiers de confiance.
Réconcilier conformité et simplicité avant l'échéance de 2027
Face à l'échéance réglementaire de 2027, la technologie seule ne suffira pas si elle oublie la réalité des parcours utilisateurs. Le portefeuille d'identité européen est une révolution nécessaire, mais c'est son hybridation au sein d'un « wallet augmenté » qui en fera un succès opérationnel. Le principal avantage de cette approche réside dans le fait que cette technologie est déjà disponible. Il n'est pas nécessaire d'attendre la mise en place complète de l'écosystème eIDAS 2 pour bénéficier dès à présent d'un KYC automatisé et sécurisé.
L'enjeu n'est plus seulement de vérifier une identité, mais de réconcilier enfin conformité et simplicité.
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Publié le 30 octobre 2026
Source originale : ZDNet France
