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ZDNet France
Il y a 23 heures

Oracle et l'IA : « Pas de facturation au token dans le SaaS », affirme Christophe Negrier

Oracle et l'IA : « Pas de facturation au token dans le SaaS », affirme Christophe Negrier
Face aux craintes d'explosion des coûts liés aux LLM, Oracle assume une stratégie « Bring Your Own LLM » hors de ses offres SaaS.
Oracle et l'IA : « Pas de facturation au token dans le SaaS », affirme Christophe Negrier Face aux craintes d'explosion des coûts liés aux LLM, Oracle assume une stratégie « Bring Your Own LLM » hors de ses offres SaaS. Publié le 04/11/2026 à 17:15 | Mis à jour le 04/11/2026 à 17:55 Alors que la facturation à la consommation de tokens suscite de fortes inquiétudes quant à la prédictabilité des budgets informatiques chez les grands comptes, Oracle prend le contre-pied des modèles fluctuants pour son offre SaaS. Lors d'un échange avec la presse, Christophe Negrier, SVP Emea South, apporte une clarification importante : dans l'applicatif cloud, l'IA native ne fera pas l'objet d'un compteur à tokens chez Oracle. Un discours déjà entendu chez SAP. « Pour ce qui est de l'utilisation de l'IA dans nos solutions SaaS, tout ce qui concerne notre IA native, il n'y a pas de facturation au token. C'est compris dans la souscription. En tant que client, si je gère le Core HR de mon entreprise, dedans j'ai plein de fonctionnalités autour de l'IA : rédaction de fiches, évaluations, recrutement. Et si j'ai 100 utilisateurs, que j'utilise toute la journée des trucs avec de l'IA ou que j'en fasse pas, je paye mes 100 utilisateurs au prix de la souscription » dit Christophe Negrier. Cette politique forfaitaire vise à rassurer les directions financières et informatiques en garantissant une prévisibilité budgétaire face à la variabilité des coûts d'inférence. L'adoption de l'IA au sein du catalogue SaaS de l'entreprise connaît d'ailleurs une accélération spectaculaire, selon Christophe Negrier. Alors qu'en mai 2025, seul 10 % des clients de la zone EMEA avaient activé ces briques d'IA native dans leur applicatif, l'éditeur assure que ce chiifre est désormais de 68 %. Parallèlement, pour les développements sur mesure ou l'usage de modèles tiers, Oracle prône le concept de BYO-LLM (Bring Your Own LLM). Les entreprises conservent ainsi la liberté d'adosser les grands modèles de leur choix à leur infrastructure OCI, ou on-premise. Mais c'est bien évidemment au client de gérer et d'optimiser les coûts de l'inférence avec son fournisseur de modèles. « On encourage plutôt nos clients à venir avec leur propre modèle. On en revient à ce mantra de l'ouverture : "Amène ton modèle, amène ton savoir-faire, amène ton partenariat, amène qui tu veux" » sourit le patron d'Oracle. Fin de la période d'expérimentation de l'IA générative, mais exigence de ROI Après deux années marquées par la multiplication de preuves de concept (POC), le marché de l'IA entre dans une phase de maturité industrielle assure aussi Oracle. Son dirigeant dresse un constat sans concession sur la finalité de ces projets : « Le POC tous azimuts et la course à l'échalote c'est terminé. Il n'y a plus de questions sur le fait de savoir si cette technologie va révolutionner nos industries. Mais les clients n'investissent plus si on ne sait pas ce que ça va rapporter. C'est pour cela qu'on parle beaucoup d'outcomes. » Christophe Negrier met également en garde les entreprises qui envisageraient l'intelligence artificielle sous le seul angle des économies d'échelle et de la réduction des coûts opérationnels : « Les entreprises qui n'utiliseront ces technologies qu'exclusivement pour réduire leurs coûts directs ou indirects, à mon sens, disparaîtront à court ou moyen terme. Le gap d'innovation est tel que si les produits que vous construisez ne sont pas en capacité de concurrencer ceux de vos rivaux, vous finirez par disparaître. » Données transactionnelles et base 26ai : l'enjeu de faire tourner l'IA au cœur du SI L'un des différenciateurs majeurs prônés par l'éditeur américain réside par ailleurs dans le refus de créer de nouveaux silos de données dédiés à l'IA. Au lieu d'extraire les données transactionnelles des ERP pour les exporter vers des bases vectorielles tierces, au risque de fragiliser la sécurité et de multiplier la complexité, Oracle choisit de faire converger l'IA et le transactionnel au sein de son moteur historique. Avec le lancement annoncé d'Oracle 26ai (succédant à la version 23ai), la stratégie consiste à exécuter les traitements vectoriels et les requêtes d'IA directement sur les bases de production. « Les clients ne veulent pas créer un nouveau silo de données pour exposer leurs données critiques à l'IA. La vision d'Oracle, c'est de faire tourner sur une seule et même base de données à la fois le monde transactionnel et les traitements d'IA en temps réel, sans impact de performance. » Et cette architecture prend une dimension critique à l'aube du déploiement massif d'agents IA autonomes. Alors que les accès aux systèmes d'information n'émanent plus seulement d'utilisateurs humains mais d'agents logiciels agissant de manière indépendante, la question de la sécurité, de l'auditabilité et du contrôle d'accès devient centrale. « Aujourd'hui, nous arrivons à un tournant : les ressources qui accèdent aux applications et aux données ne sont plus seulement des personnes physiques, mais des agents IA autonomes. La prochaine étape, ça va être le nombre d'agents versus le nombre d'utilisateurs. » Pour encadrer cette évolution vers l'agentique, Oracle déploie son cadre de sécurité Deep Trust Architecture, incluant le routage Zero Trust (Zero Trust Packet Routing) et la ségrégation stricte des accès au niveau de la donnée. Écosystème et intégration : la fin du forfait et le nouveau rôle des partenaires Par ailleurs, l'impact de l'IA générative ne se limite pas aux fonctionnalités produit. Il reconfigure en profondeur les méthodes de travail et les modèles d'affaires des intégrateurs et cabinets de conseil. En interne, Oracle indique que 70 % de son propre code informatique est désormais généré par l'IA, réduisant les cycles de développement applicatif de 6 à 9 mois à seulement 6 semaines. Naturellement, cette accélération impose une refonte des modèles contractuels. Christophe Negrier constate un passage massif vers les contrats en Time & Material (régie plafonnée au temps passé) au détriment des engagements au forfait. « C'est la seule façon pour le client de constater le gain de rapidité amené par l'IA dans le cadre du projet. Si je suis au forfait, le gain reste chez l'acteur qui délivre le projet : il va faire plus vite, donc moins cher, et c'est lui qui profite du gain. Aujourd'hui, mes clients demandent des projets en Time & Material parce qu'ils veulent récupérer le bénéfice de la productivité. » « Même pour les grands acteurs, s'engager au forfait aujourd'hui est devenu très difficile en raison de l'incertitude et des découvertes au fil du projet. C'est comme construire une maison sans savoir exactement où vous allez mettre les pièces. Allez trouver un artisan qui va s'engager au forfait là-dessus, ça va être compliqué ! » complète Christophe Bougot, Responsable Alliances & Channel EMEA South chez Oracle. Il apporte aussi  un éclairage complémentaire sur la mutation en cours.  « Les bénéfices de l'IA seront vraiment capturés par les entreprises qui adapteront leur organisation. Avant, les cabinets nous percevaient comme des acteurs purement techniques, la tête dans le cambouis et les câbles. Aujourd'hui, ils viennent vers nous pour associer notre socle technologique à leur savoir-faire en transformation organisationnelle » dit-il. Une posture d'hyperscaler agnostique et ouvert Pour soutenir ses ambitions, avec des objectifs confirmés au-dessus de 90 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour l'exercice en cours et une trajectoire visée à 225 milliards de dollars d'ici 2030, Oracle confirme enfin son positionnement d'hyperscaler agnostique. L'éditeur ne cherche pas à développer ses propres modèles Frontier, préférant jouer la carte de l'ouverture et de l'interopérabilité. Et de citer le partenariat matériel avec NVIDIA tout en intégrant des puces TPU Google Cloud, ou encore des contrats majeurs d'infrastructure avec OpenAI (représentant plus de 200 milliards de dollars sur un carnet de commandes global de 600 milliards), et la mise à disposition des bases Oracle dans les clouds concurrents (AWS, Azure, GCP). Cyberattaque au Crédit Mutuel Arkéa : des transactions suspendues Galaxy Book6 Series : 10 raisons de choisir la performance Le guide de la migration écoresponsable vers Windows 11 IA locale : la nouvelle ère de l’Intelligence artificielle ? Les cartes graphiques Nvidia RTX 50 subissent de nouvelles hausses de prix, jusqu'à 500 dollars en plus Certains processeurs graphiques connaîtront des hausses plus importantes que d'autres, tandis qu'Intel et AMD restent discrets quant à leurs stratégies tarifaires. SUSE licencie un salarié sur dix, invoquant le rôle de l'IA et de l'automatisation Squarespace a également annoncé des licenciements cette semaine, mais les liens explicites avec l'IA restent ici flous. Guy Hoquet veut généraliser l’IA pour la prospection dans 450 agences Auprès des conseillers immo et dirigeants d’agence, Guy Hoquet déploie Bluu, une application de prospection augmentée par l’IA. 200 agences du réseau sont aujourd’hui équipées. D’ici fin 2027, les 450 agences seront concernées. PAR CHRISTOPHE AUFFRAY | 04 NOVEMBRE 2026 ZDNET Morning 04/11/2026 : Recommandations Netflix avec IA Gen, Anatomie du piratage de Binance, Canva restructure,... Le ZDNET Morning le brief de l'actu tech pour les pros tous les matins à 9h00. Transformation numérique, IA, matériel, logiciels,... ne passez pas à côté de ce qui fait la Une du secteur. Test Geekom A7 : voici des tâches IA que ce mini PC est capable de mener Sous Ubuntu 26.10 (bêta), cet ordinateur de bureau compact a dû, par exemple, faire fonctionner la nouvelle plateforme de dictée Myna de Canonical, basée sur l'intelligence artificielle. Les résultats sont appréciables. Test Gemini Spark : un nouvel échec de Google en matière d’intelligence artificielle, ou un outil prochainement très efficace? L'agent IA s'est bien débrouillé pour certaines tâches, mais a également connu quelques ratés. Les antécédents de la société peuvent toutefois donner des raisons de ne pas s'arrêter à ces premiers faux pas. Test Mini PC AX9 Max : je doutais qu'il puisse prendre en charge mes tâches d'IA en local, mais il m'a vraiment impressionné Si vous avez besoin d'une grande puissance pour exécuter des tâches d'IA, mais que vous disposez de peu d'espace, VZmore propose un PC qui vous conviendra parfaitement. ChatGPT Plus vs Google AI Pro : un prix presque identique, mais des avantages très différents J'utilise ChatGPT Plus et Google AI Pro : l'un pour ses avantages, l'autre pour le travail. Voici une comparaison entre les deux en matière de programmation, de créativité, de stockage et d'automatisation. Web pratique : comment essayer l’IA locale avec Opera Grâce à la nouvelle norme WebAI, le navigateur va commencer à intégrer localement des modèles d'intelligence artificielle. L’activation de ce service est très simple. ChatGPT Voice m'a aidé à réparer mon PC de jeu endommagé, et à éviter une erreur qui m'aurait coûté cher J'ai utilisé ChatGPT pour enquêter sur des pannes de mémoire vive, des paramètres du BIOS et des problèmes de corruption de Windows, et cela a bouleversé ma vision de l'assistance technique basée sur l'IA. IA pratique : testez l’apprentissage visuel avec ChatGPT Le nouveau modèle d’intelligence artificielle GPT-6 du chat box permet de créer des images interactives pour vous aider à visualiser et à exploiter les informations dont vous avez besoin. Voici cinq façons d’utiliser cette fonctionnalité. Linux pratique : comment éviter que l'IA locale ne plante votre ordinateur Il ne suffit pas juste de rajouter de la mémoire vive pour tirer pleinement parti de l'intelligence artificielle localement. Voici quatre conseils.
Publié le 4 novembre 2026
Source originale : ZDNet France